Suite à l'e-mail de Philippe, je me lance dans une analyse rapide de ce qui s'est (ou ne s'est pas) passé, concernant la mise en place du blog avec ma classe de 5ème D.

Pour commencer, je pense que ça n'a pas été facile de le mettre en place, dans le sens où nous avons disposé de peu de temps entre les deux sessions de formation, et que cela correspondait à une période chargée en conseils de classes et autres. Cela dit, il n'aurait pas fallu traîner davantage, car il me semble moins pertinent de créer un blog vers le milieu ou la fin de l'année qu'au début. Il m'a donc fallu quasiment imposer son existence, même si l'accueil a été chaleureux et que certains ont d'emblée voulu s'y consacrer. La personnalisation des couleurs a joué un rôle important à ce moment. Je pense à ce sujet renouveler l'expérience, mais en m'y prenant dès le début de l'année, afin qu'il accompagne véritablement la classe sur la longueur d'une année, et qu'il puisse devenir l'aboutissement d'une année d'efforts conjugués de la part des élèves (et de l'équipe pédagogique).

La deuxième difficulté que j'ai rencontrée est la motivation des élèves, qui sont tout de même préoccupés par beaucoup d'autres choses, scolaires ou personnelles, et j'ai dû me heurter parfois à des détails idiots mais techniques : photos insérées dans un document word, donc impossibles à charger sur le blog, oublis de clés USB, difficultés de trouver un créneau pour mettre en ligne l'article... Bref, au bout du compte, si je me fie aux possibilités d'articles (plusieurs élèves se sont proposés) et que je compare avec ce qui a été réalisé, je constate un gouffre. Je pense que la "survie" du blog doit être un des critères premiers d'action, et que dans cette optique, je serai à l'avenir plus directif quant à la rédaction des articles, en exigeant par exemple un article par semaine, voire en désignant un rédacteur par semaine (qui peut très bien écrire davantage si le coeur lui en dit). Un minimum de contraintes au départ peut finalement les confronter à la facilité de l'écriture et à la réaction de leur lectorat, et déclencher à mon avis un certain goût pour ce genre de rédactions. Comme pour beaucoup de choses, il faut peut-être passer le cap un peu désagréable des premiers moments et des contraintes pour vraiment s'amuser, et en faire quelque chose de dynamique et d'intéressant. Je soulignerai donc également la nécessité d'en parler souvent, pendant les cours, pendant les heures de vie de classe, et aussi autour de soi avec les autres professeurs et les autres élèves.

Pour terminer, je pense aussi que le blog n'a pas exploité toutes les possibilités qui s'offraient à lui, puisque finalement il s'est réduit à des articles que voulaient bien écrire des élèves, sur des sujets dont ils voulaient bien parler, et que le tout est resté très extrascolaire. Peut-être que la difficulté vient de là : faire rentrer l'extrascolaire dans le scolaire pour un temps de rédaction et de mise en partage au sein de la classe, et de repasser ensuite dans l'extrascolaire puisque le blog est accessible à tous. J'ai aussi eu des difficultés à "rassembler les troupes" à cause des vacances, suivies des ponts et d'un arrêt maladie un peu long de ma part (santé), ce qui fait que la dernière fois que je leur ai parlé du blog, cela remontait à bien avant les vacances de Pâques. Je pense l'année prochaine tenter de travailler en plus étroite collaboration avec mes collègues, notamment de français, et d'histoire qui demandent parfois des exposés (afin que ceux-ci soient présentés à la classe comme d'habitude, mais aussi qu'une version informatique soit disponible et mise en ligne sur le blog), ainsi qu'avec mes collègues qui pratiquent les itinéraires de découverte. Je pense aussi tenter de les solliciter en leur montrant comment laisser des commentaires, afin de valoriser le travail de rédaction des élèves, et aussi de donner un avis. Il faudra bien penser à une certaine publicité et à la façon de la faire, pour que les seuls lecteurs ne soient pas les élèves de la classe et les professeurs auxquels je l'aurait suggérée.

Bref, pour diverses raisons et contraintes, ce projet qui devait s'avérer vivant et moteur est un peu tombé à l'eau, et c'est dommage. J'en tire les enseignements et les conclusions qu'il faut, en tout cas celles que je cerne et sur lesquelles je pense pouvoir agir pour mieux réussir l'année prochaine.

En ce qui concerne le cahier de texte que j'ai mis en ligne, les parents l'apprécient énormément, les élèves y trouvent chaque jour les devoirs à faire pour ma matière et lorsque l'un d'eux est absent, il est plus facile de savoir ce qu'il va avoir à rattrapper. Je poursuivrai donc cette initiative l'année prochaine.

J'ai pu compléter mon cahier de texte en ligne par un blog (sur canalblog) sur lequel je déposais les documents à la disposition des élèves, comme par exemple des corrections de devoirs. Les élèves y ont accès grâce à un lien sur le cahier de texte en ligne, et peuvent laisser des commentaires pour poser des questions auxquelles je réponds. Ainsi, pendant une de mes absences, j'ai rédigé chaque jour un corrigé détaillé d'exercices qu'ils avaient à faire en heure d'étude dans ma matière. Cela leur a permis d'avancer un peu malgré mon absence (pour ma classe de 3e). J'avoue que cette solution est assez pratique aussi d'un point de vue matériel, car les élèves consultent le corrigé du devoir chez eux sur leur ordinateur, et j'économise des photocopies, puisque mon compteur a malheureusement une valeur maximale que je ne peux dépasser.

Je pense avoir fait le tour de la question, pour ce qui est de mon utilisation de ce média. Je reconduirai ce projet l'année prochaine avec la classe de 5e dont je serai professeur principal.

Voilà vous savez tout !